mercredi 23 novembre 2016

Les congés maternité aux usa, ou comment La Sandrinette a touché le jackpot...


Alors si vous êtes enceinte aux USA et que vous voulez savoir à combien de congés maternité vous avez droit, le calcul est très facile : il y a un total de 0 jour de congé « s » maternité aux États-Unis. Laissez moi être encore plus claire : si vous accouchez, non seulement vous n'avez droit a aucun congé payé, mais en plus, en théorie, rien n'oblige votre employeur à ne pas vous virer si vous manquez quelques jours de travail... autant dire qu'ici, vous avez intérêt à faire ça vite fait ! Pas de contractions qui commencent, puis s’arrêtent, ou de dilatation sur plusieurs jours... alors mesdames, chaussez vos chaussures de tennis, il faut faire descendre ce bébé !

Bon évidemment, ça c'est la théorie, dans la pratique, les femmes enceintes s'arrangent pour cumuler leurs jours de vacances si elles en ont (oui parce que ça non plus ce n'est pas obligatoire), ou elles ne se présentent tout simplement pas au travail (avec j'imagine une bonne excuse : mon hamster est mort je ne vais pas pouvoir venir aujourd'hui...).

Ensuite, la loi prévoit aussi que les grandes entreprises doivent « accorder » (merci du peu!) 12 semaines de « family leave » (=absence familiale) aux femmes ayant accouché. C'est a dire 12 semaines non payés mais qui vous permettent de rester avec bébé pendant prés de 3 mois (si vous avez des économies).

Et après il y a les chanceuses comme moi qui travaillent pour une grosse assurance et qui ont non seulement le droit de ne pas travailler pendant 12 semaines sans être payées (ouaiiiiii!!!!) mais qui en plus recevront 2/3 de leur salaire pendant 6 semaines en cas d'un accouchement par voie basse, 8 semaines en cas de césarienne (oui, tu dois dire a ton entreprise comment tu as accouché... mais de quoi je me mêle franchement!!!!). En plus de ces petits privilèges, j'avais droit a 2 semaines de « congé parental » payé 100% de mon salaire (la Sandrinette est une aristo!).

Bref, le pied quoi ! Jusqu'au jour ou j'ai remarqué un détail qui vous aura aussi échappé... tous ces droits s'appliquent APRES l'accouchement... comment qu'est-ce ???... Oui, aux États-Unis vous êtes censées travailler jusqu'au jour de votre accouchement... soyons encore plus précis : vous êtes censées travailler jusqu'au jour ou le bébé est né, pas jusqu'à la date prévue de l'accouchement, ni jusqu'à la date que vous avez une sciatique, que la tête du bébé appuie sur votre col et que ça vous fait des décharges électriques (et la les lecteurs hommes se disent que je rentre un peu trop dans les détails mais bon....), que vous avez des contractions tous les jours, que vous ne dormez plus la nuit parce que vous portez 13 a 20 kg en plus au niveau du ventre, que si par miracle vous arrivez au travail, que de toute façon vos mains n'atteignent plus le clavier de l'ordi, que vous mangez comme un crocodile mais que vous pouvez encore avaler un mammouth, que vous dépensez 50 calories a chaque fois que vous mettez un pied devant l'autre, et que vous n’êtes même pas sûre que l'ascenseur puisse vous monter jusqu'au deuxième étage (et que évidement, à ce stade là, les escaliers, c'est même pas la peine d'y penser!)...

Et le pire dans tout ça est que si vous discutez avec les gens autour de vous, vous remarquerez que toutes les femmes travaillent effectivement jusqu'au jour ou elles accouchent, et qu'en plus elles en sont contentes :

  1. Mon chef quand je lui ai dit que je voulais poser toutes mes vacances en même temps pour partir un mois avant la date prévue de l'accouchement (oui, je suis une feignasse...) : « Moi ma femme, elle a travaillé jusqu'au jour de son accouchement ! »... oui du c... mais toi ta femme elle n'a pas un abruti de manager... bon d'accord, elle a un abruti de mari... ahhhh... ben voilà... on à trouvé pourquoi elle ne voulait surtout pas rentrer à la maison...
  1. La serveuse au restau : (moi à ce moment la j’étais enceinte de 5/6 mois déjà et la seule chose que j’étais capable de faire était de travailler derrière mon ordi, de rentrer à grand peine à la maison pour m'avachir lamentablement sur le canapé jusqu'au jour suivant... bon et apparemment j'allais au restau de temps en temps aussi...). Donc j'arrive et je vois cette femme très enceinte portant avec un bras un plateau avec des verres, nettoyant la table avec l'autre... on lui demande donc de combien elle est enceinte, réponse : « j'aurais dû accoucher aujourd'hui mais bébé n'est pas arrivé. J’espère qu'il viendra demain... » [Je vous jure que je n'invente rien !]....
  2. Ma collègue le jour ou je pars en congé maternité ( à 8 mois de grossesse donc): « ah bon ????!!! Mais il n'y a pas de bébé encore!!!! »
    Ah bon ? Alors, ça c'est quoi alors ??????
  3.  
  4. Mon autre collègue le même jour : « oui moi je sentais quelques gènes au travail et en rentrant a la maison j'ai perdu les eaux, donc nous sommes allés a l’hôpital et la gynéco m'a dit que ce que j'avais ressenti au travail étaient les premiers signes de l'accouchement ! »... [en même temps, si tu travailles et que tu es enceinte de 9 mois et que tu ressens « quelques gènes », je ne vois pas trop bien ce que ça peut être d'autre....].
Bref, j'ai tout de même décidé de faire la feignasse et de partir un mois avant la date prévue de l'accouchement. J'avais plus de 4 semaines de jours de congés accumulés et, chose importante, il était déjà très clair pour moi que j'allais démissionner à la fin de mon congé maternité. Du coup, pas la peine d'essayer de garder mes congés pour après l'accouchement pour les passer avec mon bébé (ce que font la plupart des femmes...). Aussi parce que si je n’étais pas partie en congé maternité, je serais partie pour crise nerveuse aggravée Pour ceux qui lisent mon blog régulièrement, vous vous rappelez sûrement de mon article au sujet de mon travail: Corporate America, ou comment je sens que ca va finir a coup de tartes


En gros, pour résumer, je travaillais (ça fait tellement de bien d'utiliser l'imparfait ici et pas le présent!) pour une grosse assurance qui, pour faire des économies, n’employait peut être qu'un tiers des personnes dont elle avait besoin, et reprochait à ses salariés qui travaillaient 10 heures par jour, de ne pas travailler assez... J’étais en train d'envoyer des CV à droite à gauche lorsque je suis tombée enceinte. J'ai donc fait un rapide calcul dans ma tête : j'ai 5/6 semaines de congés accumulés avec eux + puisque ça fait plus d'un an que je suis dans l'entreprise, j'ai droit aux congés maternité + si je suis enceinte, qui va bien vouloir m'embaucher = j’arrête d'envoyer des CV.


Alors quand on croit que la situation ne peut pas être pire, et ben si elle peut ! C'est facile, il suffit que votre entreprise se rende compte que parmi ses employés il y en a qui ont travaillé pour l'entreprise depuis un bon moment et que donc :
  1. Ils gagnent entre 20,000 et 25,000$ de plus que les autres.
  2. Il va falloir leur payer la retraite a laquelle ils auront droit s'ils travaillent plus de 20 ans pour eux.
  3. Ils commencent à tomber sérieusement malades (oui parce que le stress, ça n'aide pas, surtout si tu manges des donuts pour compenser et qu’après tu deviens obèse, et que tu es toujours aussi stressé de toute façon...)

La solution était donc simple : on ferme le département, on vire tout le monde, et on en ouvre un ailleurs avec que des nouvelles recrues ! Vous allez me dire : « oui mais... les indemnités de licenciement ? »... et bien pas de problèmes ! Tactique de la boite : vous donnez 15 dossiers par jours a vos employés qui n'en pouvaient déjà plus avec 7 ou 8, vous trafiquez les chiffres pour faire croire qu'ils n'en reçoivent que 6,8 en moyenne (6,8 oui, je dois même encore avoir le document qui « prouve », graphique à la clef, que nous n'avions pas 15 mais 6,8 dossiers par jour...), et vous leur dites que si vous n'embauchez plus personne a Denver c'est parce que « certains employés » de ce département sont très très négatifs et n’arrêtent pas de se plaindre, et que donc vous préférez embaucher à Portland ou personne ne se plaint... [je vous jure que c'est vrai, je n'invente rien encore une fois!].

Le rythme de travail est devenu insupportable très vite, et entre ceux qui ont démissionné, et ceux qui se sont fait virer a cause de leurs « mauvais  résultats », nous nous sommes vite retrouvés avec deux équipes de 5 a 6 personnes, au lieu de 4 équipes de 12. Du coup le département ressemblait a un hospice d’après guerre... parmi nous il y avait : 3 arrêts maladie pour dépression (avec une qui revenait une fois par mois et qui repartait des qu'elle avait plus de 20 dossiers a gérer a la fois... vu qu'on en recevait 15 par jours, je vous laisse compter combien de jours elle a travaillé sur l’année..). Nous avions aussi une diabétique grave qui avait bien forcé sur les donuts, 2 autres qui n'allaient sûrement pas tarder à la rejoindre dans son malheur vu la taille de leur pantalon, un autre malade qu'on a jamais su de quoi il était malade, et une femme enceinte (moi)... bref, les seuls qui restaient étaient les seuls qui ne pouvaient pas partir. Je ne vous dis pas l'ambiance !

Bref, j'ai résisté tant bien que mal, jusqu'au glorieux jour qui restera dans les annales : le 11 décembre 2015 !!!! Me voilà donc « en vacances » pour un mois en attendant que bébé arrive. Le plan étant d’enchaîner directement sur mes congés maternité à la mi-janvier après la naissance de bébé, puis de démissionner à la fin de ceux-ci.


Mais voilà que le 28 Décembre 2015 je reçois un appel de la DRH :
  • « Oui, alors j'ai une très mauvaise nouvelle à vous annoncer, nous allons fermer le département et le délocaliser a Portland le 4 mars... malheureusement, votre poste de travail sera supprimé...  vous recevrez des indemnités de licenciement équivalentes à 7 semaines de salaire... »
  • LA SANDRINETTE :
 
  • DRH : « Je sais c'est une très mauvaise nouvelle, alors prenez le temps d'assimiler la nouvelle et rappelez nous quand vous aurez les idées plus claires. »
La Sandrinette là a fait le coup du siècle ! Si le département avait fermé plus tôt, j'aurais perdu mes congés maternité, s'il avait fermé plus tard, j'aurais démissionné avant et je n'aurais pas eu droit aux indemnités licenciement. Aussi, et ça reste entre nous, mon abruti de manager (oui, encore lui) a oublié de prévenir officiellement l'entreprise que je posais toutes mes vacances avant l'accouchement... j'ai donc était payée comme si je travaillais pendant tout le mois de décembre, et j'ai ensuite reçu un chèque pour me payer le mois de vacances que j'avais accumulé... Bref, entre les congés payés, les congés maternité, et les indemnités licenciement, j'ai en gros été payée 6 mois de salaire sans bosser ! Franchement, je ne vois pas de quoi les femmes américaines se plaignent....

 
Enfin bon, j'exulte mais je n'oublie pas pour autant :
  1. mes collègues très méritants qui se sont fait jeter à la rue comme des malpropres.
  2. Mes congénères mamans qui travaillent comme des esclaves jusqu'à leur accouchement, et qui pour certaines n'ont même pas le droit de passer quelques semaines avec leur bébé

Je n'ai pas fait ce blog pour dénoncer les conditions dans lesquelles vivent certains américains, mais je crois que là il faut bien avouer que je suis très choquée Je vous laisse avec cette vidéo de John Oliver, un humoriste, qui résume très bien (et avec beaucoup d'humour) ce que c'est qu’être une jeune maman aux États Unis :
 
 

lundi 2 mai 2016

Prendre un PV aux USA, ou comment La Sandrinette elle a failli devenir une dangereuse délinquante en moins de 2 minutes…


Cette journée était bien partie pour être l’une des plus chouettes de ma vie… En effet, le matin même, en arrivant au boulot, nous avons reçu un mail qui disait “FTO”, qui veut dire “Flexible Time Off” qui veut dire “Vacances” (!!!) en Français. On a donc tous précipitamment ouvert ce mail, puis nous en avons reçu 50 autres… il s’agissait d’un virus… Franchement, les envoyeurs de virus sont malins! S’ils avaient dit “Communication importante de la direction”, l’épidémie aurait pu être évitée… 

Ce qui fait le malheur des uns (mon entreprise et mes clients), fait le bonheur des autres (moi!). En effet, après quelques heures, tous le system informatique a buggé… plus d’internet, plus d’e-mail, plus de téléphone… chômage technique et payé en plus!!!!! De mémoire, je n’avais jamais vécu un si beau jour de ma vie dans cette entreprise.

C’est donc dans un état d’excitation second que je quittai l’entreprise a bord de ma petite Toyota Yaris! Le soleil brillait dans le ciel et dans mon cœur, j’avais mon portable qui jouait à fond des rythmes de salsa et de reggaeton et… (Bon d’accord, je me calme…).

Je roulais donc à 40mph de l’heure, ça fait 64,37km/h (à fond quoi!), quand tout à coup j’ai vu les voitures en contre sens rouler a 20mph… puis j’ai vu l’école devant laquelle je passe tous les jours, puis je me suis rappelée qu’à certaines heures il faut rouler très lentement devant les écoles, puis je me suis rappelée qu’il y a un panneau clignotant pour justement te rappeler qu’il faut rouler à 20mph mais que très franchement, je lnavais pas vu, puis j’ai ralenti, puis j’ai vu une voiture de flic derrière moi…

Comme la voiture de flic, a part rouler derrière moi, elle faisait rien, je me suis dit que peut-être il avait pas vu que je roulais à 64,37km/h au lieu de 32,28km/h…. et que c’était par une fortuite coïncidence qu’il roulait derrière moi… J’ai pensé ca jusqu’a qu’il mette ses gyrophares rouge et bleu qui clignotent de partout…

Et là encore, je me suis dit que ça pouvait pas mieux tomber puisque je portais une mini-jupe et un petit top a dentelle rose saumon….

Je me suis donc garée et j’ai éteint mon portable qui continuait à chanter a tutête « Un, dos, tres, un pasito pa’lante María ». C’est là que je me suis rappelée que j’avais lu quelque part que quand tu te fais arrêter par les flics aux usa, il faut garder ses main sur le volant pour ne pas se faire tirer dessus…. Heureusement, apparemment, si tu roules en Yaris, que t’es une fille et que tu n’es pas noire… ben tu ne prends pas de balles dans la tête quand tu essayes de fermer le clapper a Ricky Martin.

Le policier : « .. . »

Moi : « Je suis désolée, je n’ai pas vu le panneau (celui qui est jaune fluo et qui clignote…) »

Le policier : dixit « Non mais ce n’est pas grave. Vous alliez trop vite, c’est tout. Ça ne fait pas de vous une mauvaise personne ». [Oui… le policier a cru que je croyais que j’avais commis un péché capital… voir un meurtre].

Mauvaise personne ou pas, le petit papier jaune disait : 42mph au lieu de 20mph, soit 22mph au-dessus de la limite de vitesse, soit conduite en état d’inconscience totale comme un folle furieuse, en plus devant une école, soit 6 points sur le carnet de conduire et c’est le juge qui décidera de l’amende !!!!!

Moi j’ai failli faire un malaise ! Non parce que j’étais encore dans le processus pour obtenir la carte verte, et que tenter d’écraser des petits enfants américains a la sortie de l’école, franchement, ça n’aide pas mon dossier…

Nous remarquerons au passage que la mini-jupe, le petit débardeur rose et l’accent français n’ont aidé en rien… c’est ça la vieillesse… dépriment…

Je rentre donc à la maison et j’appelle direct un avocat (oui parce que quand je vous dis que j’ai failli faire un malaise… ben ce n’est pas une blague !). Le type qui me dit : « Oui, oh, c’est une première amende ? Ne vous inquiétez pas, je peux vous la faire baisser contre la modique somme de 600$ »… La Sandrinette : « Oui mais comment vous allez faire ? Parce que première amende ou pas, il faut bien avouer que je roulais effectivement à 42mph au lieu de 20mph… ». L’avocat : «Je vais me débrouiller, ne vous inquiétez pas ! »… La Sandrinette : « bon ben écoutez, je dois les appeler dans 2 jours, je vais voir ce qu’ils disent et je vous rappelle. ». L’avocat, étrangement, n’était pas très content que je ne l’embauche pas direct…. Vous savez pourquoi ???? Parce qu’effectivement, après 2 jours de stress intense, le « juge » (l’ordinateur plutôt !) avait non seulement fait semblant que je roulais a 19mph au lieu de 22mph, ce qui me faisait passer dans la catégorie « roulait trop vite mais quand même pas trop » ; mais en plus il me donnait une ristourne parce que c’était ma première contravention ! Deux points seulement sur le permis et $220 d’amende…. Quand j’ai payé, j’ai failli leur donner un pourboire tellement que j’étais contente ! Quant à l’avocat… voilà… no comment !

 

Cet incident malheureux peut nous apprendre une chose importante : il n’y a pas qu’en France qu’on nous prend pour des « c… » avec les PVs ! Pour que vous compreniez un peu mieux, voici le lieu du crime :

 



Vous ne trouvez pas qu’il manque quelque chose ?...

 

Ils sont où les enfants pour qu’on les écrase ?!?!?!?!?!

Partons donc à la chasse aux enfants écrasable en Toyota Yaris…

Pour écraser un enfant sur cette route vous devez au choix :

1.       Traverser la route sans vous faire écraser par les 4x4 qui arrivent en contre sens, défoncer la grille qui vous sépare de l’école et qui doit être la même utilisée pour sécuriser la prison de Guantanamo, rentrer dans l’école (remarque en Yaris c’est faisable) et écraser les enfants dans leur salle de classe ou dans la cours de récré.

2.       Foncer à fond la caisse sur la 4x4 transportant un enfant, grimper sure le capo et rentrer par le parebrise (ca encore en Yaris c’est possible)…

En effet, nous nous trouvons, dans la banlieue chic de Denver. Les enfants, tout comme leurs parents ne se déplacent JAMAIS à pied ! Il n’y a donc aucun enfant sur la route ! Par contre, on trouve facilement des policiers (que bien sûr on voit trop tard). D’ailleurs, une copine a moi, une française encore, a fait la même bêtise, quelques semaines plus tôt dans une autre banlieue… je suggère donc au gouvernement américain de délivrer des visas aux 30 million et quelques de françaises pour un ou deux ans, histoire de renflouer les caisses de l’état et combler le déficit budgétaire… quant aux enfants près des écoles, pourquoi ne pas mettre des panneaux de signalisation rouge et qui clignotent au milieu de la rue comme on le fait quand il y a des travaux publics ? Qu’en pensez-vous ? Deux graves problèmes résolus en un article… Je serais pas mal non en présidente de The United States of America ?!

 

samedi 30 avril 2016

Tomber enceinte aux USA : oui je sais, je ne vous avez même pas prévenus…


Alors pour ceux qui ont lu le titre et ont trouvé que mon blog devenait très intéressant tout d’un coup, voir s’y sont abonné instantanément, voir allaient exiger que je publie un livre compilations avec photos a l’appui ; non, je ne vais pas vous expliquer comment on fait pour tomber enceinte aux États-Unis… c’est pareil qu’en France…

 

Pour le reste, je ne sais pas si c’est pareil puisque je n’ai jamais eu de bébé en France. Ceux qui s’y connaissent mieux que moi pourront rajouter des commentaires en bas.

 

Procédons donc par étapes :

 

1.    Étape 1 : confirmer que si vous avez vomi sous la douche ce matin, c’est bien parce que vous etes enceinte et non parce que vous avez bu un verre de trop la veille.

 

Aussi facile que cela puisse paraitre, c’est bien plus compliqué qu’on le croit… Donc la meilleure façon que j’ai trouvée, a été d’acheter un test de grossesse au supermarché. Ils sont vendus dans n’importe quel supermarché par deux. J’ai acheté les moins chers puisque je pensais que les crampes, les nausées, les vomissements le matin, les seins qui gonflent et les règles en retard étaient du a une infection urinaire… (oui… j’ai cru ca…). J’ai donc fait un premier test au petit matin qui a été tout de suite positif. Comme ils disent d’attendre 2 à 3 minutes pour lire le résultat et que le miens était positif en 2 ou 3 secondes, j’ai cru que le test était cassé… j’ai donc fait le deuxième (c’est aussi là que j’ai compris pourquoi ils sont vendus par deux). Comme le deuxième était positif aussi en 2 ou 3 secondes et que je pensais avoir une infection urinaire, je me suis dit que les tests n’étaient juste pas assez chers. Je suis donc partis au supermarché à 7h du mat, un samedi matin, habillée n’importe comment et sans maquillage (chose que je n’avais jamais faite et ne pensais jamais faire… comme quoi, je devais me douter de quelque chose…). J’ai donc acheté la paire de test la plus chère… le premier était positif, le second un peu moins puisque pour faire le test il faut uriner… or, pour uriner, il faut boire (de l’eau !), et que plus on boit, moins les hormones testées sont concentrées et donc moins on est enceinte… deux tests de plus et j’aurais confirmé (et guéri !) mon infection urinaire ! Voilà… c’est donc là que j’ai commencé à paniquer !

 

J’ai donc sauté sur mon téléphone, consulté le site internet de mon assurance santé et appelé tous les gynécos de la liste (pour consulter un médecin, il faut d’abord consulter la liste de votre assurance santé. Si vous allez voir un médecin qui n’est pas dans la liste, c’est à vous de payer. Or, vu le prix, même en totale panique comme moi, vous avez tout de même la lucidité de consulter la liste…). Le problème est que le samedi, les cabinets de gynécologie sont fermés…

 

La Sandrinette complètement paniquée : « quoi ????!!!! Ça veut dire que je dois rester enceinte tout le weekend sans voir un gynéco en urgence ?????!!!! ».

 

J’ai donc pris sur moi et le lundi à 8h, j’ai rappelé tous les gynécos de la liste.

 

Premier gynéco :

La secrétaire : « désolée, on ne fait pas les femmes enceintes ici »… un gynéco qui ne fait pas les femmes enceintes… s’il ne fait pas les femmes enceintes, il fait quoi alors ????

 

Deuxième gynéco : « Désole, on ne fait pas les femmes enceinte ici… »

 

Troisième et quatrième gynéco pareil… c’est ainsi que j’ai découvert qu’en fait aux usa, il y a une différence entre les gynécos et les obstétriciens… les obstétriciens s’occupent des femmes enceintes, les gynécos… je ne sais pas… il faudra leur demander…

 

Je change donc de tactique et j’appelle les obstétriciens de la liste de mon assurance.

 

Premier obstétricien :

La secrétaire : « Oui, on peut vous prendre le 11 mai »

Moi : « Dans un mois ????!!!! Ah non, ce n’est pas possible ! Je suis enceinte maintenant !!! ».

J’appelle donc un autre obstétricien qui me dit la même chose, puis un troisième qui accepte (gracieusement) de me prendre le 5 mai… soit trois semaines plus tard…

 

Voilà donc en gros, les obstétriciens refusent de vous voir avant au moins 8 semaines de grossesse. Avant ça, les risques de fausses couches sont trop importants donc, en gros, ils ne veulent pas perdre leur temps… (Sympa l’ambiance !). Je suis donc, enceinte et vomissante, à l’autre bout du monde, ne pouvant plus entrer ni dans ma cuisine, ni dans un super marché sans devoir courir aux toilettes pour vomir, avec des crampes dans le bas du ventre, et une fatigue générale terrible qui me rend a moitie handicapée, et personne qui veut me voir pour confirmer ma grossesse ou me faire une prise de sang !

 


 

A force de chercher sur Google : « enceinte + quoi faire + Denver », après avoir appelé deux cliniques d’avortement à mon insu (oui parce qu’ils ne disent pas « clinique pour avorter » mais, « tu es enceinte ? Appelle nous, nous pouvons t’aider »... la nana au téléphone m’a prise pour une folle… « vous avez 30 ans, vous êtes enceinte et vous voulez le garder ?... ben appelez un obstétricien ! »), après donc de longues recherches, je tombe enfin sur « Denver Health, test de grossesse et consultation gratuits ».

 

Je prends donc rendez-vous. La petite infirmière est bien gentille, me fait faire un test d’urine et me pose plein de questions. (Je me sens enfin écoutée !). Elle part donc avec mon gobelet d’urine (la classe...je sais) et me laisse seule dans la petite pièce. Deux secondes plus tard, elle reouvre la porte : « au fait, maintenant que j’ai votre urine dans les mains ( !), donnez-vous votre consentement pour faire aussi un test de gonorrhée et chlamydias qui sont de toute façon obligatoire lorsqu’on est enceinte ? ». Réponse de la Sandrinette : « Ah ben oui, tant qu’on y est ! ».

 

Le « Ah ben oui, tant qu’on y est ! » arrivera trois semaines plus tard sur une facture de « Denver Health : test de grossesse gratuit ( !) » : 470.01$ les deux tests, pris en charge partiellement par mon assurance, à ma charge donc 109.60$... Le « Ah ben oui, tant qu’on y est ! » m’aura donc couté 109.60$... Je conseille donc à quiconque  qui aurait l’idée de s’expatrier aux usa, de na pas apprendre à dire la phrase : « Ah ben oui, tant qu’on y est ! » en anglais… ça vous fera des économies….

 

Voilà donc ce qui nous conduit au deuxième point : qui paye quoi aux usa ?

 

2.    ÉTAPE NUMERO DEUX : l’assurance maladie aux usa c’est comme le pec citron, « quand on croit qu’il y en a plus, il y en a encore », l’assurance santé : « quand on croit qu’on a enfin compris comment ça marche, et ben on a toujours rien compris… ».

 

Alors loin de moi l’idée de vous faire un cours sur l’assurance santé aux États-Unis, premièrement car, tout dépend de quel assurance santé vous avez, si vous en avez une, et si vous savez l’utiliser ; deuxièmement parce  que, comme le titre l’indique, je ne sais toujours pas vraiment comment ça marche…

 

Mon assurance santé à l’époque affichait fièrement : « les soins prénataux sont pris en charge sans déductible* et sans co-pay* ».

 

·        * number uane : le déductible est une franchise qu’on paye à chaque fois qu’on a un pépin comme avec sa voiture en France. Donc si vous allez chez le médecin parce que vous avez un rhume, on vous demandera de payer 40$. Le reste est pris en charge par l’assurance… ah non ! parce que :

·        * number tou : le co-pay ça veut dire co = coéquipier, pay = paiement, c’est-à-dire que vous payez une partie des frais en plus du déductible. Généralement entre 10% et 20%.

 

Là ou moi je ne comprends plus rien c’est que parfois vous payez le déductible et le co-pay, parfois le déductible mais pas le co-pay, parfois le co-pay mais pas le déductible, et parfois vous ne payez rien (et j’imagine que dans certain cas de figure vous payez tout…).

 

Revenons donc à ma facture de 109.60$. Sur cette facture il y a 3 chiffres :

-         470.01$

-         360.41$

-         109.60$

 

Essayons donc d’analyser la situation. En fait, 470.01$ c’est le vrai cout pour faire les deux tests et ce qu’on vous demandera de payer si vous n’avez pas d’assurance. 360.41$ c’est les « ajustements » négociés entre mon assurance et Denver Health. 470.01 – 360.41 = 109.60$. Reste donc à ma charge 109.60$. Oui, vous avez bien compris le système est tout pourris ! En gros vous avez un centre médical qui facture au pifomètre ses « interventions », une assurance qui « négocie » des prix plus raisonnable pour vous, et vous ? Et bien vous payez… Sur ce mon assurance a eu l’audace de m’envoyer un document m’expliquant que j’avais « économisé » 360.41$... pour un test gratuit, c’était le minimum, non ?

 

Là vous allez me dire : « oui et alors ton histoire de déductible et de co-pay ? ». Ben en fait, moi au lieu d’avoir un déductible qu’on paye à chaque fois, j’avais un déductible global de 400$ sur une année. Or, cette facture étant de moins de 400$ et la première de l’année (La Sandrinette a une santé de fer !), c’est moi qui ai tout payé !

 

Là vous allez me dire (number tou) : « oui mais tu as commencé en disant que ton assurance disait (c’est celui qui a dit qui est…) que tu n’avais ni déductible, ni co-pay pour les soins prénataux ». Ben oui… j’ai donc appelé mon assurance. Apres moultes discussions avec le type, il m’accorde qu’il y a eu une erreur et que je serais donc remboursée.

 

Quelques semaines après, je reçois donc un chèque de… 87.69$... … …

 

 

 

Trop malade pour faire un caca nerveux à cause de 21$, je laisse donc tomber et encaisse le chèque de 87.69$... Oui mais voilà, entre temps, j’étais allée (finalement !) chez l’obstétricien pour une première visite, et je reçois une facture de 186.90$ !!!! Je rappelle donc mon assurance et tombe cette fois sur une nana et lui explique mon cas.

 

MOI : « blablabla… or, selon votre assurance les soins prénataux sont pris en charge sans co-pay et sans déductible, donc pourquoi ai-je reçu une facture de 186.90$ ? »

 

LA NANA et sa réponse qui tue : « parce que les échographies ne sont pas des soins prénataux. »

 

MOI : « … … … »

 

LA NANA : « … … … »

 

MOI : « Alors attends, attends… une échographie obligatoire à 8 semaines de gestation pour vérifier que l’embryon ne s’est pas implanté dans une trompe au lieu de l’utérus, ce qui pourrait potentiellement me faire exploser la trompe, provoquer une hémorragie interne qui me serait fatale en quelques heures, ce n’est pas un soin prénatal ???????? »

 

LA NANA : «  Non, je vous ai déjà dit les échographies ne sont pas des soins prénataux, ni d’ailleurs la première visite chez l’obstétricien… »

 

MOI : (légèrement énervée) « bon alors si les échographies et les visites chez l’obstétricien de sont pas des soins prénataux, QU’EST-CE QU’UN SOIN PRENATAL ????? »

 

LA NANA : « Les visites qui suivront a raison d’une fois par mois, puis deux fois par mois en fin de gestation sont les soins prénataux qui seront pris en charge à 100% sans co-pay et sans déductible ».

 

MOI : « ah donc, les soins prénataux chez vous ça veut dire me peser et me prendre la tension… vous me direz, c’est 10 fois mieux que les soins prénataux en Afrique ! ».

 

Pour l’anecdote, sont restés à ma charge aussi les tests d’urine. Des tests qui sont fait pour détecter la pre-eclampsie, une maladie qui touche 5% des grossesses. Si vous avez la malchance d’en souffrir, votre tension sera hors de control et on devra vous faire une césarienne en urgence, sans quoi vous et votre bébé peuvent décéder… c’est la cause de mortalité maternelle la plus élevée dans les pays sous-développés. Mais apparemment, détecter une pre-eclampsie aux Etats-Unis, maladie purement et strictement liée à la grossesse, ce N’est PAS un soin prénatal…

 

Alors voilà pour aujourd’hui ! Rassurez-vous, tout n’est pas si mal in The United States. Les soins prénataux (LA NANA : « qui n’en sont pas ! ») sont chers mais au moins la qualité y est ! Rendez-vous dans quelques temps avec de nouveaux articles sur les États-Unis, les bébés à moitié français, moitié allemand mais avec un passeport américain et les folles aventures de la Sandrinette.

 

Je vous laisse avec une photo de mon bébé en train de lire mon blog :

 


 

Bon d’accord, ce n’est pas vrai… il ne sait pas encore lire…

lundi 16 février 2015

Corporate America, ou comment je sens que ça va finir à coup de tartes….


Alors pour ceux qui ne parlent pas l’Américain, « Corporate America » c’est ces grandes entreprises ricaines qui font le succès dudit pays et où toute personne, avec un minimum d’ambition, doit mettre le pied au moins une fois dans sa vie. Mais attention, pour obtenir le qualificatif « corporate america » votre Nationale ou multinationale doit répondre à une série de critères bien définis :

1. Vos locaux doivent être situés à perpette les oies pour diminuer le coup foncier. Vos employés quant à eux, doivent, au choix, être coincés dans les embouteillages matin et soir pendant au moins 30 minutes, ou habiter dans une des maisons des quartiers spécialement conçus pour eux. Comme votre maison est exactement pareil que les 150 autres, si un jour vous rentrez bourrés, il vous faudra dormir a Ibis ou au formule 1 à moins que vous aillez accroché un fanion rouge à votre porte d’entrée pour la reconnaitre. Moi j’ai choisi l’option trafic qui est la plus salutaire. L’autre comporte une série d’obligations qu’une fraiche expat n’aurait pas pu supporter. En effet, pour vivre dans un quartier « ouvrier » à col blanc il faut : a) ne pas utiliser vos jambes plus de 2 minutes 30 par jour. Les pieds des gens des « suburbs » servent à actionner la pédale de frein et l’accélérateur de leur voiture automatique, pas à aller acheter le pain au supermarché du coin qui se trouve à 25km.  B) Vous enfermer dans un gymnase pour marcher sur des machines après avoir passé votre journée enfermés dans votre cubicule. Le gymnase étant subventionner par votre entreprise, parce que [slogan numbeurre uane] « votre entreprise se soucis de votre santé, YEAHHHH ! »… (oui parce que c’est eux qui paient votre assurance santé…). C) Allez dîner dans un restaurant qui est aussi une multinationale avec exactement les même succursales tous les 10kms… Vous serez bien entendu, entourés de gens comme vous, voir de vos collègues ou de vos voisins de machines de gymnase, ou de vos voisins tout court.  Attention, il est absolument interdit de manger avec eux… dans les suburbs, on ne copine pas avec les gens. D) Ne parler que de sport. Tout autre sujet est absolument tabou. Il vous faudra également porter le maillot de votre équipe de football américain lors des matchs importants. N’oubliez pas d’assortir votre famille toute entière aux couleurs de l’équipe, voir votre chien. Ceci n’est pas un conseil mais une obligation. Ne pas s’y soumettre vous fait risquer votre place tant prisée dans les suburbs….

2. Le deuxième critère qui fait de votre entreprise une multinationale « corporate America », est que vos employés ne savent parler que de sport et du travail. Les employés vivant dans les suburbs n’ayant pas de vie privée, c’est facile.

3. Si vous comprenez ce que quelqu’un fait lorsque vous lui demandez ce qu’il fait comme travail, cet employé n’appartient pas à « corporate américa » :
Exemple 1 : « je suis secrétaire » = pas corporate America
Exemple 2 : « Je suis manager du groupe de support logistique de l’entreprise » = corporate américa
Mon exemple : « Je suis bilingual claim adjuster » = Corporate América. Ce que je fais ? Envoyer des chèques quand vous avez un accident de voiture, me faire engueuler par les clients parce que je ne les ai pas rappelés, me faire engueuler par les clients quand j’essaie de comprendre ce qui s’est passé dans l’accident, me faire engueuler par les clients parce qu’ils n’aiment pas comment on a réparé leur voiture, me faire engueuler par les clients parce qu’ils trouvent qu’ils ne sont pas du tout en tort dans l’accident, me faire engueuler par les clients parce que…. Tout ça bien entendu en anglais ET en espagnol (d’où le bilingue).

Enfin bref, dans mon travail, nous avons un très gros problème, il nous manque environ 70% d’employés pour pouvoir faire un travail correct. En gros, quelqu’un de normale peut travailler une moyenne de 3 à 5 accidents par jour. Super man pourrait en faire 6… nous, nous tournons à 8 à 10 accidents par jour. Donc en gros, si tu as eu un accident de voiture, que ta voiture est toute défoncée devant chez toi avec le radiateur qui fuit, que tu vis dans les suburbs comme tout le monde, que donc ton travail se trouve à 40 km de chez toi et que le supermarché le plus proche est à 25km, que évidement il n’y a ni bus, ni tramway puisque les transports publics ici c’est pour les pauvres, et bien ton sort dépend de si tu réponds au seul coup de fil que j’aurais eu le temps de te passer. Sinon tu devras me laisser 4 messages auxquels je ne pourrais pas répondre, laisser 2 messages à ma supérieur qui ne pourra pas te répondre non plus, prendre un avocat qui te volera tout l’argent qu’on te donnera (si tu arrives finalement à parler avec un être humain dans mon entreprise), t’arracher les cheveux parce que ça fait 3 semaines que ta voiture est devant chez toi avec le radiateur qui fuit, que tes voisins ont porté plainte, que tu as perdu ton travail parce que tu pouvais plus y aller, que finalement tu finis par parler avec une française avec un accent qui fait que tu comprends que la moitié de ce qu’elle dit, qu’à ce niveau-là, même comprendre que la moitié c’est mieux que rien, que la française elle transfère ton dossier au département des voitures qui partent à la casse, que le département des voitures qui partent à la casse il n’a pas que ça à faire alors il renvoie le dossier à la française mais sans la prévenir, tout ça parce que la française elle a pas vu que le devis n’était pas complet , que ça te prend 2 semaines de plus de pouvoir reparler avec la française, que la française elle a presque envie de te dire que « bon d’accord ça fait deux semaines que vous attendez que je vous rappelle mais sachez qu’il y a des gens ça fait 1 mois alors que bon… », que ton dossier est renvoyé au département des voitures qui partent à la casse, que ça prend encore 5 jours de plus d’obtenir l’autre partie du devis, que finalement on se rend compte qu’on peut réparer la voiture, qu’on finit par la transférer au garage du coin, que la française t’envoie le chèque mais que comme tu l’a pas reçu tu peux pas payer le garage, que le garage ne veux pas te rendre ta voiture tant que tu ne les as pas payés, que tu rappelles la française désespérée, que la française se rend compte que le chèque n’a jamais été envoyé parce qu’avant qu’elle n’ait eu le temps de l’envoyer elle a reçu 5 appels de 5 autres assurés désespérés et donc qu’après elle a oublié, que une fois que tu reçois le chèque c’est trop tard… tu t’es pendu…

Pendant ce temps, nous continuons à recevoir des formations pour nous apprendre à être gentils avec les clients… nous avons eu la réunion obligatoire du :
« Le challenge de la responsivité ! Réponds à ce coup de fil ! » : si je vous dis ce qu’ils ont fait, vous n’allez pas me croire… ils nous ont distribués des stickers bleu avec écrit : « Le challenge de la responsivité ! Réponds à ce coup de fil ! »… c’était pour les coller sur nos bureaux… après on a eu une réunion avec les deux grands chefs. Ils avaient plusieurs balles bleues dans les mains. Enthousiastes, ils ont demandé : « le challenge de la responsivité… qu’est-ce que ça veut dire pour toi ?! », puis ils ont commencé à lancer les balles et celui qui l’attrapait devait répondre à la question… il était évidemment implicitement interdit de dire : « éviter que les assurés se pendent ? ». Alors les gens ont dit : « répondre au téléphone ? », « excéder les attentes de nos clients ? », « être pro-actifs ? » (ne cherchez pas dans le dico, ça ne veut rien dire).
Voilà… c’est mon travail…

Il y a une solution très simple auquel personne apparemment n’a pensé, c’est qu’ils pourraient embaucher plus de gens. Certes ça coute cher mais : 1. Si t’embauches plus de gens, les assurés sont contents donc ils ne se pendent pas, donc  ils continuent à payer leur assurance = plus d’argent 2. Les employés sont contents donc ils ne quittent pas l’entreprise après trois mois de bons et loyaux services = on économise le coup de la formation (70% des « claims adjusters » bilingues (ou pas) sont nouveaux et n’ont rien à voir avec le métier… ce qui nous amène au point 3. Tes employés savent ce qu’ils font parce que ça fait plus de 4 mois qu’ils travaillent dans l’entreprise donc ils disent moins de conneries aux assurés…  = moins de cafouillages et de voitures abandonnés devant les maisons des assurés 4. Etc. etc.

La solution est simple… et pourtant…

II- LA SOLUTION DU CHEF :

Il y a quelques semaines, nous avons eu une réunion avec grand chef indien sans nos supérieurs. Le but ? Comprendre qu’est-ce qu’on peut faire pour améliorer la satisfaction des employés de l’entreprise et éviter qu’ils se fassent la malle. Notre chef a dessiné un tableau à double entrée comme celui-ci :



Identification

Solution
Problème
numbeurre uane


Problème
numbeurre tout


Problème
 numbeurre zri



 Nous avons eu les solutions suivantes :
1) oui ! les manageurs devraient nous féliciter plus souvent lorsqu’on fait les choses bien….
2) oui ! on devrait réinstaurer le jour de la tarte ! Le jour de la tarte c’est un jour où les supérieurs apportent une tarte pour la partager avec les inférieurs. Alors pour ceux qui, comme moi, croiraient qu’il s’agit d’une blague… il ne s’agit pas… il y a vraiment quelqu’un qui trouve que si on réinstaure le jour de la tarte au travail, les gens seront plus contents… ce quelqu’un a d’ailleurs appuyé son argument en disant qu’autrefois, avec le jour de la tarte, les gens étaient plus détendus et rigolaient entre eux pendant qu’ils mangeaient leur tarte…

Après une heure de discussion autour du jour de la tarte, j’ai levé la main et j’ai dit : « le seul problème qu’on a est qu’on a trop de dossiers, qu’on travaille 10 heures par jour plus le samedi pour rien parce qu’on aurait besoin de 72h par jour de toute façon pour s’en sortir et qu’on en peut plus» [Et même que j’aurais pu rajouter qu’ on part du travail avec de terribles migraines, et qu’on y arrive en pleurant dans sa voiture ; que mon visage a été complètement envahi par des boutons d’acné surgit à cause du stress ; que mon dos me fait mal ; que j’ai beau boire du vin avec les copines, patauger dans le jacuzzi pendant des heures, danser le flamenco comme une pègue toute seule devant le miroir… ben que je suis toujours aussi stressée, et que si ça continue, c’est moi qui vais aller me pendre avec nos clients]. Ce à quoi non seulement le chef mais mes collègues ont répondu : « il ne faut pas confondre le symptôme avec la cause… nous avons trop de dossiers par personne parce que les gens ne restent pas dans l’entreprise… »…. [non, ce n’est pas une blague…]
Après une réunion comme ça tu te dis que bon, même si ça n’a servi à rien, au moins ils essaient de nous faire croire qu’ils veulent faire quelque chose pour nous… et c’est une semaine après … pas 1 mois ; pas deux semaines ; même pas une semaine et demie plus tard ; non une semaine pile poil après la réunion de « comment faire pour contrôler le départ hémorragique de nos employés» que nous avons eu la réforme « du temps flexible »….

Qu’est-ce que le temps flexible ?

III- Le temps « flexible » selon mon chef :

Le temps « flexible » c’est… prendre les gens pour des c… !!!!!!!!!!!! ihhhhhhh !!!!! (Calme toi Sandrinette… vite ! coup de jacuzzi !!!! ou coup de tarte pour ma collègue !!!!) .
Alors le temps « flexible » n’a rien de flexible du tout puisqu’il est fixe et non négociable… fixe étant le contraire de flexible, même en anglais, le temps « flexible »… n’a rien de flexible du tout !!!!!!! ihihihihihi !!!!! (Sandrinette calme toi… vite ! coup de flamenco ! Ma collègue elle a déjà mangé la moitié de la tarte !).

Bon reprenons. Les États-Unis sont un grand pays au sens kilométrique du terme. Ce qui fait que si tu t’occupes des accidents de voitures de la Californie et que tu habites à Denver, tu quittes le boulot à 16h30 heure de Denver, 15h30 heure de la Californie. Donc c’est embêtant en terme de service au client… donc là je vais me reénerver… ça fait 3 mois que je travaille tous les purée de patate de jours de 8h du mat, heure de Denver, 7h heure de Californie, à 19:00 du soir heure de Denver, 18h heure de la Californie !!!!!! Alors tes purée de patate de calcules à la con…fiture tu te les ranges dans le panier !!!!!! 

Bon reprenons. Après la réunion du coup du jour de la tarte, nous avons eu une réunion du coup des heures « flexibles », au court de laquelle il a été fait très brièvement mention d’un e-mail qui nous serait envoyé pour savoir quelles heures « flexibles » nous « préférions ». Noyés au milieu des 50 e-mails que nous recevons par jour, presque personne n’y avait vraiment prêté attention…

IV- Vendredi : jour de la tarte

 Le vendredi suivant, ma supérieure, tout sourire, est arrivée en disant : « hey guys ! (Qui pourrait se traduire par : « salut les « amis »…. »). Alors c’est juste pour vous dire que les nouvelles horaires que vous avez reçues seront effectives à partir de lundi ». Or nous étions vendredi… C’est ainsi que nous avons découvert nos nouvelles horaires… 9h-17h30 tous les jours au lieu de 8h-16h30… et là je lui dis : « oui bon ça ne m’arrange pas du tout, je ne comprends pas pourquoi on ne m’a pas consultée…. » . La chef : « mais bien sûr qu’on t’as consultée ! On t’a envoyé un e-mail auquel tu n’as pas répondu ! ». La Sandrinette : « Oui mais je ne savais pas que si on ne répondait pas, vous nous donneriez les horaires que vous vouliez ! (la Sandrinette bien dégoutée) Bon ok mais le mardi je devrai partir une-demie heure à l’avance pour mon cours de flamenco. ». Ma chef : « Ah ça ce n’est pas possible ! Je ne peux pas faire une exception pour toi. Si je le fais, je devrai le faire pour tout le monde et ça ne va pas marcher. ». [La Sandrinette abasourdie] : « Non mais je ne vais pas arrêter mes cours de flamenco parce que je ne peux pas sortir une demi-heure à l’avance ! Ce n’est pas possible ! » [15 minutes de conversation plus tard]. Ma chef : « Je vais parler avec grand chef indien mais je ne te promets rien ».

Inutile de dire que les feignasses de notre bureau, eux, n’avaient pas oublié de répondre au fameux e-mail et qu’ils avaient écopé des meilleurs horaires…

Dégoutée je suis partie 1. Déjeuner 2. ben en fait j’ai pas eu le temps d’arriver au lieu du déjeuner parce que je me suis mise à pleurer avant… du coup j’ai fait quelque chose que jamais je pensais que j’aurais eu à faire… je me suis enfermée dans les toilettes et j’ai passé une demie heure à pleurer toute seule dans le lieu le plus glamour de l’entreprise…. (oui, je sais, c’est pathétique…)

Lorsque je suis revenue une heure plus tard, il était bien clair que je n’avais pas été la seule à avoir essuyé des larmes avec le papier toilette… non pas que les gens avaient des restes de papier toilette sur les joues, mais qu’il y avait une révolution au travail. Tout le monde était outré et se déplaçait de cubicule en cubicule pour mettre en place des stratégies stratégiques pour contrer le plan diabolique de grand chef indien. Non parce que je ne veux pas dire mais il y a des gens qui ont des enfants… alors comment qu’on fait si on doit aller les chercher à la crèche ? Tout à coup, je me suis retrouvée avec 5 personnes devant mon cubicule, plus remontées les unes que les autres : La Sandrinette [qui a fait partie d’un syndicat étudiant quand elle était plus jeune] : « Mes chers camarades (bon d’accord ca je ne l’ai pas dit) ! Il est clair que le jour est grave et que cette réforme a été décrétée en cachette et à notre insu. Le chef est dans son bureau ! Allons-y et obligeons-le à négocier ! Qu’un sang impure abreuve la moquette de notre cubicule !»… bon d’accord, j’ai juste dit : « Le chef est dans son bureau, pourquoi n’allons-nous pas lui parler tous les 5 en même temps ? »… toujours est-il que mon idée était encore plus révolutionnaire que celle qui se tramait au boulot ce jour-là, puisqu’il y a eu un gros blanc et qu’un des type, un des plus remonté m’a dit : « non, non, va-y envoie lui un message, moi je l’ai fait aussi et elle (une collègue) lui en a envoyé deux et comme ça, si tout le monde envoie un message il va voir que ça ne passe pas. »…. Les révolutions aux États-Unis se font, comme on peut le voir, mais pas trop quand même…

La stratégie du « mécontentement individuel » a finalement porté ses fruits puisque le projet de grand chef indien fut finalement suspendue jusqu’à nouvel ordre...

V- Le jour du nouvel ordre :

S’il y a bien quelque chose qui caractérise les chefs américains, c’est qu’ils sont cools et sympas ! Que quand ils arrivent, ils te disent « Hey guys ! », qu’ils nous portent des tartes pour qu’on soit contents, et qu’ils mettent des jeans le vendredi… pas comme nos chefs français, habillés en costard cravate qui te disent « Bonjour Monsieur Dupont. Où en sont vos dossiers ? ». Non, les chefs américains sont très cools… très cool oui, mais pas le jour du nouvel ordre…

Nous avons TOUS étaient convoqués dans la grande salle de réunion, les supérieurs d’un côté, les inférieurs de l’autre. [Tu sais que tu n’es pas en France quand tu te rends compte qu’il n’y a pas de CRS dans la salle]… connaissant les américains, je m’attendais à ce que le chef disent : « mes plus plates excuses, je ne savais pas qu’aller chercher les enfants à la crèche vous tenez tant à cœur… mais nous allons quand même instaurer les nouvelles horaires. ».

Et bien, non, pas du tout… nous avons eu droit à une feuille de papier sur laquelle nous devions inscrire notre nom, numéro d’identifiant et signature. Traduction : « Vous avez prétendu que vous ne saviez pas qu’on allait changer vos horaires, maintenant vous ne pourrez plus mentir… ». Tu fais ça en France et ta tête finie sur un piquet… pas aux États-Unis…

Pendant la réunion, il était interdit de dire certaines choses. Ceux qui ont essayé ont été soit ignorés, soit attaqués par tous les supérieurs en même temps. Parmi ceux-là, il y a eu la Sandrinette…
La Sandrinette : « avant de nous faire travailler ses horaires là, pourquoi ne règlerait-on pas le problème du manque de personnel ?». [Oui, la Sandrinette a des idées saugrenues....].

Les manageurs [tous en même temps] : « Mais c’est ce qu’on fait Sandwine ! On a déjà embauché 3 personnes de plus [et perdu 5… mais ça on ne le dit pas… 3 – 5 = -2 même en anglais]. Levez-vous ceux qui viennent d’être embauchés ! ». Et les 3 nouvelles têtes se sont levées… deux d’entre elles ont démissionnées depuis…

Nous avons donc décidé tous ensemble [« tous ensemble » = le chef] que nous travaillerions des horaires différents à tour de rôle. Ma semaine ressemble désormais à ça : Lundi 9h-17h30, Mardi 8h-16 :30, Mercredi 9h30-18h, Jeudi 9h-17h30, Vendredi 8h30- 5 tasses de café pour me réveiller, une aspirine pour le mal de tête, un Lexomil pour rester calme avec les clients et un antidépresseur pour pouvoir finir la journée… Inutile de dire que plus personne ne comprend rien à quand on est sensés quitter le travail, que notre horloge biologique ne s’active qu’au contact avec la caféine, que j’ai un collègue qui a fait des heures sup pendant 3 mois gratuitement parce qu’il n’avait rien compris aux nouvelles horaires, et que des fois quand on arrive à 9 :30, on se rend compte qu’on a raté une réunion parce qu’elles par contre commencent toujours à 8h, mais que ce dernier point n’es pas très grave vu la teneur de nos réunions…

Ce qui m’amène au point suivant. Votre multinationale n’appartient à « corporate América » que si toutes les mesures et réunions qui sont prises/organisées ne sont qu’une perte de temps et une insulte à l’intelligence…

VI- La réunion des post-it…

Un jour, j’ai été convoquée dans une réunion dont personne ne connaissait la teneur… Il y avait à peu près une dizaine de personnes qu’on ne connaissait pas et un type qui faisait le présentateur. Le type a commencé en expliquant que nous étions tous là pour identifier les problèmes que nous, « claims adjusters », rencontrons au court de notre travail et qui ralenti notre action… puis il a rajouté : « moi je n’ai jamais travaillé pour les assurances, mais j’ai des techniques pour vous aider à identifier les problèmes et les solutionnés… »…. C’est ce jour-là que je me suis dit que, peut-être, ça serait une bonne idée de faire un voyage au Tibet… il parait que les moines bouddhistes sont capable de détacher leur âme de leur corps quand ils méditent. Moi je crois que ça serait très utile de pouvoir envoyer mon âme à Cancun ou Bora Bora pendant que des espèces d’abrutis qui n’ont aucune idée de ce que je fais comme travail viennent m’expliquer comment solutionner mes problèmes du quotidien. J’ai pensé ca encore plus fort quand le type a commencé à dessiner le schéma suivant :

Réception du dossier ________ Investigation de l’accident + vérification de si l’assuré est assuré (ou si, manque de bol, il n’a pas payé sa dernière mensualité) __________ envoie du chèque ______ fermeture du dossier.

Ça lui a quand même pris une demi-heure de dessiner un truc pareil…. En même temps, on ne peut pas lui en vouloir, c’est sa première fois dans les assurances…. Après ça donc, tout le monde était pantois et se demandait ce qu’on pouvait bien faire là… Un de mes collègue a osé un : « je ne vois pas très bien où vous voulez en venir là… ». Le type, loin d’être déstabilisé, a rigolé ainsi que tous les autres types dans la salle qu’on ne connaissait pas. « Vous allez voir, vous allez comprendre ». Il nous a ensuite distribué des post-its sur lesquels nous devions marquer tous les problèmes rencontrés quotidiennement au court du susmentionné schéma…. un problème par post-it… le tableau a très rapidement été recouvert de post-its et de ratures en tout genre… en effet, le type s’est très vite rendu compte que notre travail ne comporte pas quatre étapes mais deux cents cinquante. Il a donc dû raturer, redessiner, superposer et envoyé des flèches vers le bas, les faire remonter, pour finalement les faire revenir sur certaines étapes. À la fin, notre travail semblait encore plus difficile qu’il ne l’est déjà…

Nous n’avons plus jamais entendu parler du type des post-it…

VII – Les super héros de l’attention au client, ou le summum de la connerie a-t-il était atteint (enfin)?

Comme ça faisait longtemps qu’on n’avait pas de réunion, les chefs ont décidé de frapper fort ! Nous avons tous donc reçu un e-mail dans lequel il y avait Superman, Batman, Spiderman, et d’autre super héros de notre enfance…. Le thème de la réunion : nous sommes tous les super héros de l’attention au client…. Mon collègue qui a découvert le mail en même temps que moi m’a dit : « t’as vu cette nouvelle réunion ? »… La Sandrinette : « … bon… je vais aller prendre le quatrième café de la matinée… si à mon retour tu à l’audace de me rappeler le coup de la réunion, l’entreprise perdra un employé de plus… »… Après quelques jours, nous avons reçu des informations complémentaires de notre manageur. « Chaque équipe va choisir un super héros ! Nous allons décorer nos bureaux avec des images dudit super héros et… [et ben rien parce que c’est tout]… ». Notre équipe est allée encore plus loin puisque notre manageur a acheté des T-shirts pour tout le monde et a repassé des photos de super héros dessus. Le jour de la réunion, nous étions tous donc déguisés en super héros… ben vous le croirez ou pas, c’est nous qui avons gagné le concourt de l’équipe qui a le mieux décoré « son bureau » parce que, a dit le chef, faire de chaque employé un super héros, c’était une super idée…. Et nous, les super héros, on va prendre un super Lexomil, pour éviter de faire une super dépression, voir d’envoyer des super claques à nos super supérieurs…  

Voilà où nous en sommes… entre temps, donc, le fameux jour de la tarte a été réinstauré… une fois… parce que oui, les tartes du coup ne sont pas du tout passées. Malgré les invitations répétées de nos manageurs : « je vous rappelle que les tartes sont à côté de la photocopieuse et n’attendent que d’être mangées », personne n’y a touché… il n'y a donc plus jamais eu de tartes.... je crois que les manageurs ont senti le danger...